Padre Réal Ouellette  (prêtre - priest)

Accueil

Bienvenue sur mon site internet

Après près d'un an, il convient de commencer à y faire quelques changements..... lol

D'autres sont prévus pour bientôt (j'espère...)

Père Réal.




*********

Homélie du dimanche 11 mars 2012 - 3e dimanche du Carême (année b)

“L’amour de ta maison fera mon tourment.”

Chers paroissiens,

Pour l’homélie de ce matin, j’ai décidé de l’écrire plutôt que d’y aller directement sans texte comme je le fais habituellement. La raison pour laquelle j’ai opté pour le texte écrit tient du fait que je désire clairement aborder certains détails que je ne veux pas risquer d’oublier, et aussi parce qu’avec un texte écrit, on prend le temps de peser nos mots avant de les prononcer publiquement.

“L’amour de ta maison fera mon tourment.” Cette parole de l’Écriture revient à l’esprit des disciples lorsque Jésus chasse les marchants du Temple et leur explique le pourquoi de son geste. Les disciples comprennent tout l’amour que Jésus a pour le Temple, jusqu’au point d’y chasser les marchants. Manifestant ainsi son amour pour le Temple, la maison de Dieu sur terre, Jésus évidemment verra se lever contre lui des ennemis qui ne partagent pas sa vision des choses : les pharisiens, les saducéens, les prêtres et grands prêtres du Temple. Humainement parlant, cet événement dans la vie de Jésus contribuera à leurs désirs et leurs manigances à le faire mettre à mort.

“L’amour de ta maison fera mon tourment.” Lorsque je regarde ma vocation de prêtre et les désirs qui animent profondément mon coeur, je peux dire que cette parole de l’Écriture dit quelque chose de moi. Mon coeur bat d’amour pour l’Église, avec un É, le peuple de Dieu, que je sers comme pasteur, et pour l’église ou les églises, avec un é, les édifices, qui sont confiés à mon administration et à mes soins. Je crois que je partage quelque chose avec notre Seigneur en lien avec cette phrase. Évidemment, je ne me pense pas parfait comme notre Seigneur Jésus Christ qui est allé jusqu’à chassé les marchants du Temple dans sa sainte colère. Par contre, je crois profondément et de plus en plus que, comme notre Seigneur Jésus Christ, la façon que je manifeste mon amour sincère pour l’Église et les édifices-églises fait se lever des ennemis contre moi, qui je le crois contribueront à ma mort.

“L’amour de ta maison fera mon tourment.”  Dans toutes les paroisses où j’ai passé, beaucoup ont douté ou n’ont pas cru à mon amour de l’Église et de leurs églises. Ici-même, depuis mon retour à Fort-Coulonge comme administrateur/curé, plusieurs ont développés des sentiments d’amertume ou même de haine à mon égard parce que j’ai fait tel ou tel changement, soit dans l’administration et le fonctionnement de la paroisse, ou encore plus récemment dans le mobilier de l’église. Je ne commencerai pas ce matin à faire une liste des changements que j’ai faits pour ensuite détailler le pourquoi de ces changements. Je veux par contre vous affirmer que dans tout ce que j’ai fait mon désir le plus profond a toujours été d’accomplir la volonté de Dieu et travailler à l’amélioration de la paroisse. Je désire être fidèle serviteur du Seigneur des biens et des personnes qu’il me confie. Je désire apporter les gens à rencontrer personnellement notre Seigneur, spécialement par la prière et les sacrements, et faire en sorte qu’ils aiment et désirent toujours d’avantage prier dans cet édifice-église.

“L’amour de ta maison fera mon tourment.” Je vais être bien candidement honnête avec vous ce matin. Devant un public aussi vaste et sans interaction directe, je risque être mal compris et mal interprété. De là vient l’importance d’avoir écrit mon texte qui sera publié sur mon facebook et sur mon site internet. Cette parole de l’Écriture que je cite depuis tantôt résume aussi simplement la raison que je suis encore prêtre devant vous aujourd’hui. Si mon coeur n’était pas brûlant d’amour pour l’Église, ce n’est pas à la Paroisse St-Jean-Baptiste que je serais déménagé l’an passé, c’est plutôt chez Wal-Mart ou une autre entreprise que vous m’auriez vu aller travailler.

“L’amour de ta maison fera mon tourment.” C’est aussi l’amour de l’Église qui m’a fait dire “oui” à mon évêque le jour où il m’a annoncé qu’il me demandait de revenir à Fort-Coulonge. Soyez en certains, ce n’est pas moi qui ai couru ou manigancé pour revenir ici comme administrateur. Je savais bien les très grands défis qui m’attendaient au niveau de l’administration. Mais, je n’avais pas idée que l’animation pastorale serait aussi décevante.

Lors de ma nomination ici, certains se sont trouvés une qualité de prophètes en déclarant que je ne durerais pas une année. Bien que leurs dires se basaient plutôt sur une haine à mon endroit, qui sait, Dieu seul le sait, peut-être auront-ils raison?

“L’amour de ta maison fera mon tourment.” Avant de terminer, je veux vous partager quelques un des défis auxquels je fais face avec l’administration de la paroisse.

Depuis mon arrivée, la découverte de factures à payer et le manque d’argent pour les payer ont fait en sorte que la paroisse a dû emprunter une somme de 70 000 $ que l’on doit rembourser au diocèse pour couvrir les dites factures.

Pour la période de l’année 2011 (du 1er janvier au 31 décembre), la différence entre les Revenus et les Dépenses de la paroisse a résulté d’un imposant Déficit de plus de 39 000 $.

En analysant les chiffres de 2011, on découvre que dans ce Déficit, la Salle paroissiale est responsable de 26 000 $ de ce Déficit. La Salle paroissiale, cette grande bâtisse que tout le monde prend pour acquis et que tout le monde veut utiliser sans payer a coûté 26 000 $ de plus qu’elle n’a rapporté.

En faisant un Budget pour cette année 2012, j’anticipe qu’au train où vont les choses, la Paroisse fera face à un autre imposant déficit d’environ 19 000 $. Ceci, chers paroissiens, c’est juste pour une administration régulière de la paroisse, sans projets de rénovation ou de réparations majeures imprévues. Donc, à moment donné cette année, les coffres de la paroisse seront tout simplement vide et à sec.

Une dette de 70 000 $ à rembourser.... un déficit de 19 000 $ qu’il faut trouver à éponger... donc, 90 000 $ dans le trou avant de penser à faire quelque travaux de rénovation qui se voient de plus en plus nécessaire à chaque année qui file.

Et, quels sont ces projets de rénovation qu’il faudra aussi envisager dans un avenir proche et moyen :
- la peinture du toit (entre 50 000 $ et 100 000 $)
- mais avant, pour ne pas ruiner la peinture dans le temps de le dire : un système pour chasser les pigeons et les autres oiseaux du clocher
- le système de chauffage qui est de moins en moins efficace (50 000 $) - et qui nécessite beaucoup de main-d’oeuvre
- tout dépendant du système de chauffage envisagé, il faudra considérer l’isolation de l’église et les fenêtres qui font perdre beaucoup de chaleur
- la peinture de l’intérieur de l’église qui vieillit d’année en année (50 000$)
- le tapis et la tuile de l’église (au bas moins 50 000 $)
- le système électrique de l’église qui date de Mathusalem

(Évidemment, je vous parle juste des défis auxquels je dois faire face à Fort-Coulonge, je ne vous parle pas de ceux des 3 autres paroisses qui sont sous ma responsabilité.)

Devant tous ces défis que je vois ici, quelle solution puis-je envisager? Comment résoudre le problème? Comment éponger un déficit quand nous n’avons pas d’épargnes? Comment repayer une dette? Peut-être ajouter une quête aux funérailles et aux mariages? Le Comité de Pastorale et Comité des Finances en a demandé la permission à l’évêque, et nous attendons sa réponse. Ça aiderait, mais ne résoudrait pas tout.

Peut-être faudrait-t-il couper dans la masse salariale? Mais, les endroits où il serait logique de couper sont bien différents des endroits où je peux prendre le droit de couper en tant qu’administrateur/curé.

 Peut-être une partie de la solution se trouve avec la Salle paroissiale? Peut-être dois-je tout simplement mettre les cadenas sur les portes et fermer la Salle paroissiale? C’est une solution que je considère de plus en plus.

Certains me diront que je devrais faire plus de levées de fonds. Je vais mettre une chose au clair : je ne suis pas devenu prêtre pour organiser des soupers spaghetti. Mais, au sujet des levées de fonds, je veux vous faire prendre conscience d’une chose. Combien de fois j’entends depuis que je suis dans la région, depuis 10 ans, “on fait ceci ou cela pour la dialyse”? Aussi louable soit-elle, ne serait-ce pas plutôt au Gouvernement de payer cette machine à même les impôts qu’ils perçoivent déjà de chacun de nous?? Pourquoi est-ce que de l’autre côté je n’ai jamais entendu “on fait ceci ou cela pour la paroisse”??

“L’amour de ta maison fera mon tourment.” Chers paroissiens, du plus profond de mon coeur, j’aime l’Église, j’aime les gens qui me sont confiés, je vous aime, j’aime cette église, et je veux la rendre de plus en plus belle – même si je n’ai pas le temps de tout faire et tout finir tout de suite puisque je fais presque tout seul ou avec du bénévolat. Un jour je vais mourir pour l’Église. Est-ce que ce jour sera le résultat d’un stress me venant d’une difficulté à joindre les 2 bouts dans l’administration paroissiale et me causant une crise cardiaque? Ou est-ce que ce jour sera celui où quelqu’un n’aimera pas une décision que je prendrai au sujet de la Salle et me battra à mort?? J’ose espérer que je vais mourir pour l’Église parce que j’aurai travailler sans relâche à annoncer l’évangile de Jésus Christ ou encore que je sois martyr pour la foi. Mais, peu importe la façon ou les circonstances dans lesquelles je vais quitter ce monde pour l’éternité, je demande humblement à notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ que ce jour-là je sois en état de grâce et qu’il m’accueille auprès de lui et de la Vierge dans son Royaume.
“L’amour de ta maison fera mon tourment.”



 
1 2 Les lectures du jour
logo de l'AELF
Le saint
du jour
Catholique
.org
1 2 1 2